Le Bar de l’Extinction.

1 commentaires

Je ne vais pas vous dire quel jour nous sommes, les citrouilles se promenant dehors ont déjà dû vous donner quelques indices à ce sujet ^^
Pour ma part, l’expérience Février m’ayant satisfaite, j’ai décidé de recommencer en ce mois d’Octobre. j’espère que vous allez aimer :)

… …

This is Halloween ! This is Halloween !

Cette phrase, chantée par tout un chacun dans l’air, annonçait la joie et l’amusement des gens à bientôt fêter Halloween le 31 Octobre, comme chaque année. Sauf pour un certain type de personne : les monstres.
Réunis dans un bâtiment délabré, en partie en ruine, le lieu abritait un établissement de boissons et d’accompagnement réservé uniquement à cette population monstrueuse, de plus en plus discrète au fur et à mesure que le temps passait, et que le monde se modernisait. La porte s’ouvrit et laissa entrer un individu recouvert d'un long manteau sombre et à capuche. Il s’arrêta quelques secondes, observant la salle en partie remplie, et sembla trouver ce qu’il cherchait. Il fit un pas au moment où le barman l’interpella :
– Putain, Henri. Je t’ai déjà dit de faire attention à tes parties. Tu vas encore saloper le plancher.
Le dénommé Henri baissa les yeux et vit plusieurs bons centimètres d’entrailles gisant par terre, l’autre bout pendouillant par un trou béant depuis son ventre.
– Désolée, Roger. La bande ne tient pas.
Il ramassa ses intestins, les fourra pêle-mêle dans sa cavité de chair à moitié putréfiée, et s’avança vers le bar, tout en tentant d’ajuster sa bande de tissu autour de sa taille. Il prit place sur le siège vide et branlant qu’il avait vu plus tôt et passa commande. Trente secondes plus tard, un grand verre glissa jusqu'à lui, s’arrêtant au millimètre près devant ses lèvres. Henri n’eut plus qu’à baisser légèrement la tête pour boire le contenu désiré.
– Ah ! Le smoothie de bébé frais sanguinolent de ce bar, c’est vraiment le meilleur de tous.
– Normal, y a qu’ici qu’on peut en trouver, fit une voix enrayée à sa droite.
Le zombie tourna la tête, de façon exagérée, son œil droit complètement retourné dans son orbite, obstruant la vue de ce côté.
– Oh, salut Philippe. Désolé, je t’avais pas vu.
Son voisin fit un geste de sa main blafarde, signifiant que ce n’était rien.
Le bar retrouva son silence de mort, tout en accueillant ses clients particuliers. Au bout d’une heure, la pièce était bondée, certaines personne étant obligées de rester debout avec leurs consommations. La porte s’ouvra soudain de façon brusque, les clients se tournant vers la personne qui venait d’entrer. De taille moyenne, les cheveux blonds complètement en pétard, des choses non identifiables incrustées dedans. Le visage fatigué et rempli de pustules et les yeux injectés de sang, la femme qui venait d’entrer s’avança d’un pas décidé vers le seul siège libre à l’extrémité du bar. Durant ce laps de temps, tous les regards étaient posés sur elle (cette dernière étant une référence de beauté extrême parmi les morts-vivants), et surtout sur ses formes flasques et tombantes mises en avant par sa robe de sorcière noire, incroyablement maculée de diverses taches de fluides d’origine inconnue. Elle commanda d’un air supérieur et hautain une boisson au nom imprononçable pour le commun des non-mortels. Le patron de l’établissement la lui versa dans un verre en métal, le liquide faisant des bulles étranges. Il lui laissa le temps de prendre quelques gorgées de sa boisson acide, et claqua avec force dans ses mains. Toute l’attention fut tournée vers lui.
– C’est l’heure. Et avant de commencer, comme chaque année maintenant, laissez-moi vous souhaiter bon courage.
Des grommellements lui répondirent.
– Bien, lança-t-il en sortant un papier de l’une de ses poches. Alors… le groupe des zombies : Hello Kitty, et ne lésinez pas sur le rose. Celui des fantômes : Pokémon, privilégiez Pikachu et autres bestioles mignonnes. Les sorcières et sorciers : les chats, je veux des oreilles et des queues poilues, sans parler des moustaches. Le groupe de loups-garous : héros/méchants de comics, et pas obligé de respecter le sexe d’origine. Les squelettes : même chose, mais pour les personnages de mangas et animes. Les vampires…
– Non !!!
Le cri résonna dans la salle en bois pourri, accompagné du bruit de deux poings s’abattant contre le bar de l’établissement. Le barman s’était tu, et tous les regards convergeaient vers un client au teint plus que blanc, aux longs cheveux, habillé dans un style très ancien, et deux canines dépassant de sa lèvres supérieure. Un vampire quoi.
– Quoi ? Qu’est-ce qui se passe vieux ? demanda Henri à son voisin, étonné de cette réaction anormale de sa part.
– Ce qui se passe ? Je n’en peux plus, voilà ce qui se passe !! s’écria Philippe. Je ne peux plus m’obliger à me parer de tels accoutrements, simplement pour le fait de pouvoir approcher les humains plus facilement !
– Allons, c’est pas comme si on avait le choix désormais, se désola le zombie. Il faut bien s’adapter si on veut survire.
Des murmures d’approbations se répandirent dans le bar, faisant hocher ici et là les têtes des clients, la mine grave.
– Non ! Je ne peux plus continuer. Je préfère encore me balader nu en plein soleil !
Un silence choqué accueillit cette déclaration. Le vampire était connu pour sa grande pudeur, dû à son ancienne ascendance noble et à sa bonne éducation. Rien que de remonter ses manches lui donnait de l’irritation face à ce comportement irrespectueux envers sa propre personne.
– Al… Allons, allons. Calme-toi, Philippe. Celui de cette année couvre l’intégralité du corps, tu sais, rassura le barman, tout en déposant un verre de sang frais devant l’immortel excédé.
Ce dernier lui jeta un coup d’œil nerveux.
– Vr… vraiment ?
Le patron eut un sourire réconfortant. Sauf si vous êtes humains. Là, vous auriez flippé sévère !
– Oui. Cette année pour vous, c’est licornes arc-en-ciel.
Le mort plusieurs fois centenaire regarda pendant quelques secondes le barman, tentant de comprendre la réponse qu’il venait de recevoir.
– NNNOOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNN !!!
Sans prévenir, le vampire passa par-dessus le bar et attrapa une grande bouteille de jus d’ail concentré. Il la déboucha à la vitesse de l’éclair et la porta à ses lèvres. Ou du moins, il aurait bien voulu. Un bout nauséabond d’intestin en décomposition était attaché au poignet de la main qui tenait la bouteille.
– Fais pas le con Philippe !!!
Henri tenait avec force l’autre bout de ses intestins, ses mains putréfiées ayant bien du mal à écarter le goulot de la bouteille de la bouche de son ami. Le barman arriva en renfort et lui prit l’arme létale des mains. Le vampire essaya de l’en empêcher, puis de reprendre l’objet de ses désirs immédiats, en vain. Il fut ramené sur son tabouret par les clients les plus proches, et Henri put récupérer ses boyaux sans soucis. Sa tentative de suicide ayant été interrompue, Philippe, complètement déprimé, s’affala sur le bar moisi et pleura toutes les larmes inexistantes de son corps.
Cette action venait de réveiller la colère des monstres. Une colère qu’ils avaient dû, par la force des choses, enfouir afin de survivre, leurs besoins alimentaires reposant uniquement sur les composants humains. Mais c’était trop ! Il fallait en finir !
– Philippe a raison ! s’emporta la sorcière ébouriffée avec colère. On ne doit pas se laisser faire !
– C’est vrai, y en a marre !
– Ça a trop duré !
– Il faut leur montrer à ces sales humains !
– Pauvres mortels dégénérés !
– Sacs à viandes !
Le brouhaha continua d’augmenter, d’enfler, remplissant la salle de cris en tous genres, et principalement d’insultes envers les humains, la cause de leur malheur. Le patron tenta de calmer les choses, mais ce fut impossible. Cela faisait trop longtemps qu’ils subissaient cette humiliation pour que de simples mots les calment. La clameur dura près de dix minutes, quand l’un des monstres mit le feu aux poudres.
– Tuons-les tous !
Les grondements s’amplifièrent à un point inimaginable, faisant trembler les murs fissurés et soulevant des nuages de poussières.
– Oui, faisons ça !
– Tuons-les !
– Il faut les tuer !
– Les démembrer !
– Les torturer !
– Les faire bouillir !
– Les charcuter !
– Les bouffer vivants !
– Les écorcher !
– Les tuer !
– Les tuer !
– Les tuer !
– On attend quoi ?! Lança la sorcière, en montant sur le bar.
Les monstres la regardèrent, puis se regardèrent. Quelques secondes passèrent, comme s'ils réfléchissaient sérieusement à la question.
– On y va !!! hurla soudain la foule démente.
Et ils sortirent du bar, comme un seul homme, à scander leur colère et leur haine du genre humain. Le sol vibrait sous l’assaut de leur pas. La soumission était finie. C’était l’heure de la révolte. De la guerre. Du massacre sanglant et gratuit.
Lorsque le silence fut de nouveau le bienvenu dans le bar, son propriétaire poussa un long soupir, regardant avec lassitude la porte encore ouverte et donnant sur le vestibule ténébreux, donnant lui-même accès au monde humain.
– Qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire à mes supérieurs, maintenant ? Ça va être un sacré bordel en bas.
Il soupira de nouveau, prit un bouteille d’alcool très fort (létal pour un mortel) et contourna le bar pour se vautrer dans la chaise en bois rongée par les termites la plus proche. Il vira le bouchon du récipient en verre d’un coup de dents et commença à vider son contenu dans son gosier. Il jeta une nouvelle fois un regard du côté de la porte, toujours ouverte.
– Sérieux, ils pouvaient pas attendre un peu pour faire ça ? Halloween est dans deux jours, quoi…

… …

Alors ? Celle-là aussi était belle, non ? J’ai eu assez de mal à l’écrire, car il est plus facile pour moi de tirer sur la Saint-Valentin que sur Halloween XD
Allez, je vous laisse avec les chapitres de la semaine. Bonne lecture ! :D


______________________________________________________________________________________

RELEASES SPÉCIAL HALLOWEEN



Fasting - Oneshot





I Love You - Oneshot





Majo wa Hôki de Sora o Tobu - Oneshot




______________________________________________________________________________________

1 commentaire :

  1. mci pr les chapitres et votre travail bne continuation

    RépondreSupprimer

Copyright © 2015 Shiro To Kuro